Chaque jour, des milliers de marchandises traversent les océans, les routes et les airs pour relier les entreprises à leurs clients à l’international. Une cargaison part, un conteneur arrive… sauf quand ce n’est pas le cas. Panne, vol, tempête, grève, erreur humaine ou avarie en mer : le transport de fret reste une aventure pleine d’aléas. Et lorsque la marchandise est endommagée ou perdue, une seule question revient : “Suis-je bien assuré ?”
Trop d’entreprises découvrent après un incident que leur couverture était partielle, ou pire : inexistante. Le point commun de ces situations ? Une méconnaissance des assurances transport existantes et de leur portée réelle. Ce guide vous aide à y voir plus clair pour ne plus naviguer à vue.
Pourquoi souscrire une assurance de transport international ?
Même si vos partenaires logistiques sont fiables, aucun ne peut garantir un acheminement à 100 % sans accroc. Le transport international de marchandises expose à de nombreux risques : perte, avarie, incendie, piraterie, catastrophe naturelle, grèves portuaires ou accidents de parcours.
Contrairement à une idée reçue, le transporteur n’est pas systématiquement responsable en cas de dommages. Il applique souvent une responsabilité limitée, calculée au poids ou à la contenance (par exemple : 2 € par kilo transporté en maritime). Pour des marchandises à haute valeur ajoutée, cela peut se traduire par une indemnisation dérisoire.
C’est là qu’interviennent les assurances spécifiques. Et elles ne se valent pas toutes.
Zoom sur les différents types d’assurance pour le fret
Assurance tous risques : une couverture étendue mais pas sans limites
Comme son nom l’indique, l’assurance “tous risques” couvre la majorité des sinistres survenus pendant le transport. Elle inclut généralement les avaries communes, les vols, les dommages liés à la manutention ou au stockage intermédiaire.
Cependant, certaines exclusions subsistent (mauvais emballage, vice propre du produit, guerre, grève, etc.). Il est donc indispensable de lire les conditions générales en détail.
L’assurance FAP sauf : une solution économique mais partielle
Souvent choisie pour son prix, l’assurance “FAP sauf” (Franchise d’Avaries Particulières sauf) ne couvre que les sinistres résultant d’événements majeurs : naufrage, abordage, incendie, chute de conteneur en mer… Autrement dit, elle ne vous protège pas contre les petits incidents fréquents.
C’est un peu comme rouler sans bris de glace sur votre assurance auto.

L’assurance ad valorem : la plus personnalisée des protections
Quand vous transportez des marchandises de valeur, vous ne pouvez pas vous contenter d’une indemnisation standard. L’assurance ad valorem permet de déclarer une valeur spécifique pour votre cargaison, sur laquelle l’indemnisation sera calculée en cas de sinistre.
Concrètement, vous payez une prime proportionnelle à cette valeur (par exemple 0,3 % de la valeur déclarée). En contrepartie, vous êtes couvert à hauteur de vos pertes réelles.
Exemple concret de calcul d’assurance ad valorem :
Une entreprise envoie pour 100 000 € d’équipements électroniques vers l’Afrique. Sans assurance ad valorem, un sinistre ne donnerait droit qu’à 3 000 € d’indemnisation selon le poids. Avec ad valorem, la perte serait couverte intégralement (moins la franchise éventuelle).
C’est l’option à privilégier dès qu’on sort du transport de produits courants à faible valeur.
Comment choisir la bonne assurance marchandise pour vos expéditions ?
Il n’existe pas une solution unique, mais un arbitrage à faire selon plusieurs critères :
| Critère | Impact sur le choix d’assurance |
|---|---|
| Type de marchandise | Produits périssables, fragiles ou de valeur élevée nécessitent une couverture renforcée |
| Destination | Certains pays ou zones (instabilité politique, infrastructures précaires) exigent une couverture plus large |
| Fréquence d’expédition | Expéditions régulières = contrat annuel ; ponctuelles = assurance au voyage |
| Incoterms utilisés | Selon le point de transfert de risques, c’est l’acheteur ou le vendeur qui doit assurer le transport |
| Mode de transport | Aérien, maritime ou routier impliquent des risques et coûts différents |
Les pièges courants à éviter quand on assure son fret
Voici les erreurs que commettent souvent les entreprises exportatrices :
- Penser que le transporteur couvre systématiquement les marchandises (ce n’est pas son rôle, sauf si précisé au contrat).
- Ne pas vérifier les exclusions de la police d’assurance (par exemple : négligence d’emballage ou force majeure).
- Sous-estimer la valeur déclarée ou oublier certains frais (douane, logistique), ce qui limite l’indemnisation.
- Ne pas ajuster l’assurance en fonction de l’Incoterm choisi.
Un bon réflexe : s’appuyer sur un courtier spécialisé en assurance transport pour négocier un contrat adapté.
Bonnes pratiques pour une couverture logistique efficace
Vous ne maîtrisez pas tous les aléas du transport international, mais vous pouvez réduire considérablement vos pertes en cas de pépin. Voici deux leviers concrets à mettre en place :
- Centraliser la gestion des assurances au sein d’un service ADV ou Supply Chain.
- Établir une procédure claire de déclaration de sinistre avec vos partenaires (délais, justificatifs, contact dédié).
Si vous travaillez avec des transitaires, exigez qu’ils vous transmettent une attestation d’assurance nominative pour chaque envoi ou contrat-cadre.
Mieux vaut prévenir… que réparer
Tant que tout se passe bien, l’assurance paraît accessoire. Mais il suffit d’un seul conteneur perdu, d’un avion immobilisé ou d’un port fermé pour que les conséquences financières deviennent dramatiques.
Le bon réflexe est donc de cartographier vos flux logistiques et de sécuriser vos expéditions internationales avec une couverture alignée sur la réalité de votre activité. Car dans le transport, l’imprévisible n’est pas une exception : c’est la norme.



